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HISTORIQUE DE LA PAROISSE SAINT-JEAN-BERCHMANS


CE TEXTE EST UNE REPRISE D'UNE BROCHURE ÉCRITE
PAR: MICHÈLE LALANDE,
CÉLINE MARION,
PAUL MASSICOTTE ET
ANDRÉ PETIT
AOÛT 1978
(Jacques Baillargeon et Suzanne Dignard ont fait une addition en 1983).
Converti en format web par Dominic Légaré

 

Feuillet #10

LA FONDATION 1908 (suite)

Un embryon de club de balle molle se forma à cette époque. Ce sport intéressa beaucoup les jeunes de la paroisse. Ce sont Paul et Roger Dussault qui formèrent les premières équipes. Les premières joutes eurent lieu sur la rue Marquette et dans les champs avoisinants. N'oublions pas M.Eugène Clouette, qui possédait une salle de billard sur la rue Papineau et qui fut reconnu mondialement comme courseur en raquette. C'était une grande attraction lorsqu'on fermait la rue Papineau pour voir passer les raquetteurs vers le nord.

Il y avait aussi une patinoire sur Bordeaux entre Dandurand et Des Carrières. La première chose qui était déneigée l'hiver dans la paroisse, bien avant les trottoirs et les rues, c'était la patinoire. Les enfants et les adolescents se chargeaient de ce travail. Il en existait un bon nombre d'autres ailleurs qui toutes étaient faites et entretenues par les adolescents. Il y eut aussi des séances où Ovila Légaré venait chanter dans la salle de l'école, accompagné de deux ou trois autres hommes. Ils s'habillaient de grosses chemises à carreaux et chantaient des airs canadiens, des chansons à répondre. I1 jouait aussi dans les séances à la salle paroissiale. Paul Desmarteaux venait y jouer avec lui. Ovila Légaré, tout en travaillant à une manufacture de matelas, était le principal animateur des fêtes et des soirées. Aux élections, on l'invitait dans les comités. A la salle Montcalm, au coin de de Lorimier et St-Zotique, le samedi matin, il y avait des pièces de théâtre comiques pour les enfants. Juliette Béliveau s'y est produite. Le coût d'entrée était alors de cinquante cents. Ces représentations se donnaient surtout l'été pour ne pas perturber les travaux scolaires.

Mentionnons, dans un autre domaine, l'imprimerie d'Emile Boulay, du 6310 Papineau. M.Boulay imprimait et distribuait gratuitement le bulletin paroissial. Puis ce sont les Pères de l'Immaculée-Conception qui prirent les choses en main. A partir de ce moment le bulletin n'était plus gratuit, car il n'y avait plus de place réservée à la publicité.

En 1934, la paroisse n'avait pas encore atteint le degré de développement actuel, c'est ainsi que le 29 décembre fut ouverte la rue Louis-Hémon autrefois appelée Fullum.

Et comme toute bonne chose a une fin, le 5 juin 1936 Monseigneur Georges Gauthier accusait réception de la lettre de démission de notre bon curé Lachapelle, qui miné par la maladie. se retira à la maison Saint-Janvier.

Peu de temps après. un nouveau curé nous arrivait; Joseph Wilfrid Caumartin. Né à Saint-Barthélemy le 19 décembre 1877 du mariage de Celanire Lafontaine et de Toussaint Caumartin, il fit ses études collégiales à Montréal et gradua au Séminaire de Montréal. Il fut ordonné le 14 décembre 1903 par son Excellence Monseigneur Paul Bruchési. En 1903 il enseigna au Collège de Montréal et en 1906 il fut nommé vicaire au Sacré-Coeur. En 1925, il fut chargé de la cure de la paroisse Saint-Victor avant d'arriver chez nous où il officia jusqu'en 1958. Mort le 24 juin 1959, son service eut lieu à l'église St-Jean-Berchmans. Le curé Caumartin a dirigé la construction de l'actuelle église. Fait à remarquer, il était de cinquante ans plus âgé que ses cinq vicaires. Il fut un bon administrateur, mais à cause de sa timidité, il était craint des gens.

Le curé Caumartin put faire construire l'église et agrandir le presbytère grâce au mode de vie sobre et à l'épargne accumulée par ses prédécesseurs. Il devenait urgent et nécessaire au mois de mai 1937, de construire une nouvelle église.



Les offices religieux étaient célébrés depuis au-delà de 15 ans dans une crypte, soit le soubassement et ce n'était plus convenable. La paroisse s'était aussi considérablement développée et les gens croient alors qu'il est temps pour eux de compléter la construction de l'église paroissiale. Des architectes sérieux furent consultés et soutinrent qu'en construisant selon les méthodes et les plans de Dom Bello, on pourrait bâtir une église pour la somme approximative de $225,000.00. Le décret du 30 décembre 1937 de Son Excellence Monseigneur Georges Gauthier permit de construire une église avec sacristie sur l'emplacement du soubassement. Les architectes choisis furent MM. Tourville et Parent.

Le 7 mai 1938 avait lieu le dernier mariage dans le soubassement, soit celui de M. et Mme Alary. Ainsi le 16 mai 1938, le curé Caumartin demanda l'autorisation d'ériger le chemin de Croix dans la chapelle temporaire installée à l'école Madeleine-de-Verchères. Les travaux débutèrent le 6 juin 1938 sous la direction d'Aristide Boileau. En trois mois, M. Picard, le bédeau démolit le sous-sol avec l'aide des hommes engagés par M.Boileau. On dut déplacer bancs et autels vers les trois écoles pour la célébration du culte.

La construction de l'église fut le théâtre d'une tragédie alors qu'un échafaudage céda, emportant les trois ouvriers qui travaillaient à ce bâtiment. La construction fut terminée à l'été 1939. Signalons toutefois. que le curé Caumartin fit refaire le toit qui n'avait pas été construit avec les matériaux spécifiés dans le contrat. Le contracteur Boileau fit faillite avec $75,000.00 de dettes.

Laissons une fois de plus la parole aux Soeurs: "La salle de l'école qui avait servi de chapelle depuis plus d'un an, se voit désertée... demain matin (30 juin 1939) sera célébrée la première messe dans la nouvelle église". "Coïncidence heureuse: double et imposante cérémonie! L'ouverture des quarante heures pour inaugurer le magnifique temple religieux de la paroisse. La foule des fidèles qui assistait à la grand'messe semblait émue et ravie devant tant de beauté, de splendeur et de simplicité artistique".

Signalons aussi les impressions des journalistes de La Presse qui disent que " cette masse de granit beige est imposante sans être lourde et le fait qu'il n'y avait qu'une seule pointe de clocher s'élevant vers le ciel n'enlève rien à l'harmonie du coup d'oeil. Le presbytère, de facture extérieure similaire fait pendant au temple lui-même et rétablît les proportions. A l'intérieur, tout y est d'une simplicité presque rectiligne. On a voulu éviter toute décoration criarde. Les couleurs elles-mêmes Invitent à la piété par leur ton reposant".

En cette période faste, la Fête-Dieu demeurait la plus éclatante démonstration de piété. On balisait chaque côté de la rue avec des branches d'arbres pour la procession. Les Enfants de Marie, les Dames de Sainte-Anne, les écoliers, tous défilaient, les filles d'un côté et les garçons de l'autre. Les hommes de la Ligue du Sacré-Coeur portaient la bannière rouge ou des insignes. Les Enfants de Choeur portaient un surplis blanc avec une soutane rouge. La procession avait lieu généralement après la messe de onze heures. La procession déambulait dans quelques rues de la paroisse et les gens décoraient leur maison. Souvent le reposoir était Installé chez des paroissiens. Cela était un grand honneur, car le Saint-Sacrement y était exposé. Au retour, une autre cérémonie était célébrée à l'église.

Tout en défilant, les gens récitaient le chapelet, chantaient des cantiques et des litanies. Les Juifs et autres étrangers à ce rite, regardaient passer la procession avec émerveillement. Du reposoir, il y avait des enfants costumés en anges, les ailes étaient faites de véritables plumes, et ces petits anges se tenaient debout sur des escabeaux ou des bancs cachés dans le décor. A cette époque, principalement grâce au bedeau Hector Picard, un grand jardin fut installé derrière l'église. Ce jardin a fait place au stationnement actuel.

C'est aussi l'époque où la Caisse Populaire payait six dollars par mois de loyer à la Fabrique pour l'espace qu'elle occupait dans une des salles du sous-sol de la rue Chabot.

Parlons maintenant des vicaires de la paroisse et des Impressions qu'en gardent les gens. On raconte que l'abbé Laurin voulait que toutes les filles de la paroisse se fassent soeurs. On disait même que c'était la spécialité de cet abbé. Quant à l'abbé Corbeil, c'est lui qui, à cette époque, s'occupait des Enfants de Marie et qui organisait leurs voyages. Il était aussi aumônier de la J.O.C. Lorsqu'il était vicaire de la paroisse, Remi Corbeil travaillait le bois, son atelier se trouvait au sous-sol du presbytère où il faisait de bien belles tables. Au temps de la construction de l'église, il s'attarda à travailler la chaire. Ces bas-reliefs représentant la dernière Cène, la Sainte-Vierge et autres roches et plaquettes, étaient vivement recherches par les paroissiens à cause 'de leur grande beauté. Il séjourna longtemps parmi nous, avant d'être vicaire puis curé de la paroisse du Sacré-Coeur.

On se souviendra aussi de l'abbé Arsène Hébert qui demeura parmi nous de 1931 a 1950. On se rappelle qu'il possédait son propre cheval avec lequel il faisait ses visites aux malades. Dans un autre ordre d'idée, il ne faudrait pas oublier le guenillou, cet être étrange qui habitat nos rues durant de longues années et qui laisse un souvenir inoubliable dans la mémoire de plusieurs. Souhaitée ou non, on ne peut nier sa présence et l'importance qu'il occupa dans la vie de plusieurs. Il se promenait avec sa voiture en lançant comme un long hurlement "Guenilles à vendre". Cependant i' prononçait "Nilles à vendre". Sans doute qu'avec le temps les gens comprenaient ce que signifiait l'abréviation "Nilles". En plus des "nulles", il ramassait également les bouteilles et parfois même des os. Pour une grosse poche de jute pleine de linge, il ne donnait que cinq sous et parfois seulement trois. Souvent des gens ne voulaient pas lui laisser leurs guenilles pour un prix si ridicule. Mais le guenillou avait le monopole et il semblerait que ce Juif se soit passablement enrichi. De plus, il a possedé un commerce sur la rue Des Carrières,"Brown Bottles Exchange". Il ramassait les bouteilles, les lavait puis les revendait. On se souvient qu'il passait souvent au feu, au point qu'aucun assureur ne voulait le prendre en charge.

À la veille de la deuxième guerre, les gens n'avaient pas beaucoup de travail. C'est à cette époque que fut entreprise la construction du tunnel de Lorimier où les gens travaillaient en rotation soit: deux semaines d'ouvrage puis un mois de chômage pour permettre à tous de travailler. Le salaire était de $30.00 la semaine pour soixante heures de travail, du lundi au samedi. Dans les manufactures, à cette époque, il n'était pas question de vacances. Les patrons préféraient renvoyer les gens plutôt que de leur accorder une période de repos. Certains commençaient à voir les bons côtes de l'armée car on y était payé et, en plus, selon les tempéramments, il y avait opportunité de voyager. On pouvait se rendre loin avec les voyages organisés par l'armée en temps de guerre, très loin. Tous n'avaient pas le goût de vivre ces périples et c'est ainsi que quelques couples de la paroisse participèrent au mariage collectif organisé au Stade de Lorimier.

Durant la période de guerre, les femmes durent se mettre au travail dans les usines de munitions. Des terrains jadis très productifs furent achetés par le gouvernement qui y "pacta" des chevaux pour la guerre. Cette guerre changera aussi les habitudes des corporations laitières. C'est la fin de la livraison 7 jours par semaine à cause du rationnement du pétrole, On ne livre plus le dimanche et pas avant 7 heures le matin et au plus tard 7 heures le soir. La ferme St Laurent est la plus active du quartier et, encore aujourd'hui, établie sur la rue Garnier. Ce fut aussi le temps d'Emile Dubreuil,"l'homme pesant" du quartier. Il devint échevin municipal et à un moment donné, le parc Marquette se nommait le parc Dubreuil. Le changement d'appellation concorda avec sa défaite aux élections. C'est à lui que nous devons le parc.


...Suite - Feuillet #11


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